L’Histoire de la Réunion

Pour moi, il est impossible de parler de la Réunion, ou même visiter cette île en faisant abstraction de son histoire quelque peu douloureuse. On décrit l’île comme étant « métisse », mais on ne peut pas en comprendre l’essence sans prendre en compte son passé. Je vous propose donc un voyage dans le passé, (en me basant sur le site de Wikipedia) qui vous permettra de mieux vous rapprocher des Réunionnais, qui garde le passé de l’île dans leur cœur. Même s’ils ne l’ont pas vécu, ils transmettent l’histoire de générations en générations en mémoire de leurs ancêtres.Il s’agit également de voir comment l’île a évolué en 5 siècles pour devenir le beau « patrimoine » que nous avons aujourd’hui.

                      

La Réunion a été découverte au 16eme siècle par les Portugais. La Réunion, Maurice et Rodrigues (deux îles pas loin) se font appelées l’ « archipel des Mascareignes ». C’est au début 17ème, lors d’une escale, qu’arrivent les premiers habitants. Les Français prennent possession de l’île en 1642 au nom du roi pour la baptiser « Bourbon »

En 1665, arriva les premiers colons, une vingtaine au total. On remarque à cette période l’arrivée de Françoise Chatelain de Cressy, qui est à l’origine de plusieurs familles qui ont vécues à Bourbon.

En 1715, se développe la culture et l’exportation du café ; ce qui permet à l’île un important essor économique. Cette culture est aussi à l’origine du développement considérable de l’esclavage à la Réunion.

Une dimension stratégique au développement de l’île est apporté par Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais, gouverneur de l’île de 1735 à 1745.

En effet, l’île devint la source de vivres pour l’ « Ile de France » (appelée communément Maurice aujourd’hui) et de la flotte française engagée dans la guerre franco-anglaise des Indes.

En 1738, la ville de Saint-Denis devient le chef-lieu de l’île au détriment de Saint-Paul. En 1763, l’île compte 22 000 habitants dont 18 000 esclaves.

En 1764, le roi rachète les Mascareignes à la Compagnie des Indes après la faillite de cette dernière. L’île entre pendant 30 ans dans une période économique très faste avec l’exportation des épices et du café.

Pendant la Révolution, la 19 mars 1793, l’île rompt avec le passé et adopte le nom d’ « île de La Réunion » à la suite de La Réunion des révolutionnaires qui ont chassé le roi Bourbon du trône. L’île refuse l’abolition de l’esclavage et devient hors-la-loi vis-à-vis de la Métropole et s’enferme dans une autonomie. L’assemblée coloniale impose alors une véritable dictature.

En 1801, la Réunion revient sous le contrôle de la France après la prise de pouvoir de Bonaparte, et l’île porte le nom de ce dernier en 1806. L’esclavage est maintenu par la loi du 20 mai 1802.

Suites à des catastrophes naturelles, dont cyclones et inondation en 1806, la culture du café diminue considérablement pour se voir substituer la culture de la canne à sucre, suite à une augmentation de demandes par la Métropole. Grâce à son cycle de croissance, la canne à sucre est insensible aux cyclones. Ceci permet donc à l’île d’en produire régulièrement pour en fournir continuellement. La découverte d’Edmond Albius, en 1841, sur la pollinisation manuelle des fleurs de vanille permet à l’île de devenir le premier producteur mondial de vanille.

C’est aussi à ce moment que le géranium, dont l’essence est très utilisée en parfumerie, trouve son essor.

A partir de 1808, s’enchaînent plusieurs intrusions des Britanniques sur l’île. Le 8 juillet a lieu la bataille de la Redoute. La Réunion capitule. Le 9 juillet, l’île reprend le nom d’ « île Bourbon ».

Suite au traité de 1814, les Britanniques rendent l’île à la France le 6 avril 1915. C’est la seule île de l’Océan Indien qui soit rendue à la France. L’île compte alors 68 309 habitants. La culture de la canne à sucre se développe, mais l’île ne peut plus subvenir à ses besoins alimentaires.

Entre 1817 et 1931, plus de 45 000 esclaves sont introduits à Bourbon. La traite clandestine est tolérée par les autorités de « Bourbon » malgré l’interdiction officielle de 1815.

En 1832, le premier Conseil Général est élu. En 1835, des mesures préparatoires à l’abolition de l’esclavage sont mises en place.

L’esclavage fut une épreuve très dure pour la Réunion. Les colons étaient sans pitié avec leur esclaves. Tous travaux leur était destinés, et ils étaient traités comme des moins que rien.

Ceux qui tentaient de s’échapper, "les marrons", et qu’on retrouvaient subissaient encore plus de misères. Certains se retrouvaient l’oreille coupée, le tendon de la cheville coupée pour qu’ils ne s’enfuient plus. L’une des personnes qui a été les plus horribles avec ses esclaves était bien Mme Desbassyns (dont j’ai déjà parlé dans l’article La Réunion, île superstitieuse), qui allait jusqu’à les enterrer vivants pour les punir.

J’ai trouvé ici le témoignage d’un homme qui nous explique le temps de l’esclavage. Il s’appelle Gabriel Folio et nous raconte l’époque d’avant:

L’année 1848 est une année importante pour la Réunion. L’île compte alors 103 490 habitants. Le 9 juin lors de la proclamation de la République, l’ « île Bourbon » redevient l’ « Ile de la Réunion ». Le 27 avril a lieu la publication de l’acte d’émancipation. Le 20 décembre, Joseph Napoléon Sébastien Sarda Garriga, commissaire de la République, proclame l’abolition de l’esclavage à la Réunion.

                                              

L’île comptait alors 60 000 esclaves. De nos jours, cette date est célébrée en commémoration de cette libération, c’est d’ailleurs un jour férié à la Réunion.

                    

L’esclavage est aboli mais l’île reste une colonie française jusqu’en 1946. Les affranchis ont chacun un nom à leur libération (attribué par l’administration coloniale), ajouté à leur ancienne appellation d’esclave. Une minorité d’entre eux acceptent de rester auprès de leurs anciens maîtres, les autres vagabondent dans l’île ou se réfugient dans les hauteurs de l’île à la recherche de terres libres à défricher. Plus de 100 000 "engagés" Malgaches, Indiens (Malabars) et Africains (Cafres) seront introduits dans la. colonie par les propriétaires d’anciens esclaves pour remplacer ceux-ci sur les plantations.

Hubert Delisle devient premier gouverneur créole le 8 août 1852.

L’ Académie de la Réunion fut créée en 1913.

Durant la seconde moitié du XIXe siècle, la population réunionnaise évolue. Des engagés indiens arrivent massivement et une partie d’entre eux s’installe définitivement dans l’île. De nombreux Chinois et musulmans indiens s’installent par la suite : se forment alors deux importantes communautés qui participent à la diversification ethnique et culturelle.

De nombreux réunionnais sont envoyés à combattre pendant la Première Guerre Mondiale. Parmi eux, l’aviateur Roland Garros se couvre de gloire et meurt en plein ciel en 1918.

La guerre a quant à elle, des conséquences en faveur de le Réunion. En effet, leurs champs de betterave dévastés, sont transformés en  lieux de combat. Ils sont alors privés de sucre, ce qui augmente la production sucrière sur l’île. En 1923, la Réunion devient exportatrice en sucre, vanille, manioc, géranium, ylang-ylang, vétyver, café, cacao, thé, tabac, chouchou, aloès, maïs, fruits et légumes.

Pendant l’entre-deux-guerres, la modernisation se poursuit : l’électricité apparaît dans les foyers aisés, et assure l’éclairage public de Saint-Denis. Le télégraphe (1923) et la radio (1926) mettent les Réunionnais en contact avec le monde. En 1939, 1 500 foyers privilégiés sont abonnés au téléphone. On voit apparaître automobiles et avions. Ces progrès profitent essentiellement aux foyers de propriétaires terriens, d’industriels, de cadres, de gros commerçants, et la masse de la population demeure pauvre. Aussi, pendant cette période, on remarque un phénomène : la mortalité baisse et la natalité, très forte, augmente. La Réunion a alors droit à une croissance exponentielle, croissance qui se poursuit de nos jours.

En revanche, la Seconde Guerre Mondiale est une épreuve très dure pour l’île. Même si elle n’est pas touchée par les combats, elle souffre de l’arrêt (quasi-total) d’approvisionnements.

Le 19 mars 1946, la Réunion devient un département d’outre-mer français (désigné par le numéro 974) puis, en 1997, l’une des sept régions ultrapériphériques de l’Union européenne. A la suite, la Réunion est en ruines, mais la Métropole s’engage pour la reconstruction de l’île. L’instruction obligatoire se met en place, et le système de sécurité social hexagonal apporte un mieux être considérable.

Une augmentation des fonctionnaires, bien rémunérés se fait ressentir provoquant l’émergence d’une classe moyenne vivant d commerce, d’activités libérales et de fonctions d’encadrement.

Entre 1970 et 1980, la Réunion accède à la modernité.  L’enseignement technique ainsi qu’un université se développent sur l’île. La télévision fait ses premières apparitions. Les commerçants abandonnent leurs « boutiques chinois » et « bazar zarabs » pour créer supérettes et supermarchés même s’ils continuent d’exister. Le réseau routier s’améliore et s’intensifie. Des constructions de logement sont mises en œuvre, l’île devient de plus en plus active. L’économie change : dans l’agriculture par exemple, les cultures maraîchères et fruitières, l’élevage se développent pour satisfaire les besoins d’une population qui augmente et consomme. Mais la canne à sucre reste néanmoins la première production agricole. Aujourd’hui, le tourisme est la première activité de l’île, avec la construction.

La Réunion se modernise de jours en jours. Le monde entier vient la visiter pour ses beaux paysages, et ses saveurs. Certains sites touristiques qui gardent les preuves de ces histoires sont à découvrir ici sur l’île.

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